« La grande adorade du Tonton »
author: Erick Diard
Tirez vous adeptes du brushing choux-crouté, du moumoutage compliqué, adeptes de la pantouflade feutrée et roucoulante, cette musique n’est pas pour vous ou alors c’est que vous êtes prêt à faire dans le téméraire, le Koh-lantophile irresponsable pour télochards du dimanche, parce que là c’est de la bombe atomique, du qui gratte au sang, du qui te bouscule la viande au-delà des clôtures… C’est dantesque et j’exagère pas, vous me connaissez !!!
Bon, c’est pas du Delta Hill Country Burnssisant, zique qui question champouinade fait pas dans la dentelle, ce serait plutôt du Delta Juke Joint Blues, son voisin, mais un Juke Blues qu’est monté sur gros calibre, un qu’est total original sans pour cela s’éloigner du trad, un qui nous est offert par deux gaillards qu’en ont….. à dire et qui le disent fort sur une musique puissante, hypnotique… Un son énorme qui te débarbouille toute la cire que tu conserves précieusement dans tes oreilles.
Mais tention jeune fougueux, c’est pas du bruit, que nenni mon ami, c’est de la musique, de l’excellente musique même, une qui te rétabliet vite fait les songsters oubliés que sont Mississippi John Hurt, Mance Lipscomb et John Jackson, des gars qu’on a tardé à inviter dans le monde du blues, mais qui sont pas des inconnus pour Ray Cashman (guitare, dobro, bootbox, percus et vocals) et son pote Grant A Brown (harmonica), qui s’offrent pour l’occase l’aide de l’excellentissime Jimbo Mathus (basse et guitare) sur 4 tunes, un Jimbo qui produit également l’objet sur son label 219 Records (retenez ce nom). Des gars qui nous avalanchisent leur musique en pleine tronche, sans prendre les gants d’usage, qui, si ils ont l’occase de nous visiter, sont à conseiller aux ceux-ce qui veulent amener les jeunots pubères au blues, au vrai, le pas chiant, le sans sirop.
11 tunes ripatonantes, bien plombées, de Country Blues qui bousculent les canons du traditionnel tel que l’entend l’intégriste moyen, 11 tunes régalantes, suite de plaintes, de menaces ou de lamentations délivrées avec intensité par un Cashman à la voix profonde, dure et rugueuse sur un nappage d’harmonica qui renforce la sensation de lourdeur.
Un album à rapprocher de celui que nous ont offert les Deltamatics en plus rude…
D’la balle et du grand blues…. Encore du labellisé Jimbo Mathus le sorcier
Tonton Erick
Read more...